Tu manques (1990)

Exégèses

Too Long The Road

"Tu manques" referme en 1990 le premier album de Fredericks-Goldman-Jones : près de dix minutes captées en une seule prise, Goldman seul au piano et à la voix, dans une alternance chant-guitare héritée de Mark Knopfler. Née d'une nuit et de trois accords, la chanson tait son destinataire. Le public hésite des années entre deux disparus, la chanteuse Sirima et le père du chanteur, Alter Mojze Goldman. En 1998, à la radio, Goldman écarte Sirima sans nommer l'autre ; il faudra le livre de Fred Hidalgo, en 2016, pour qu'il confirme enfin son père. Ce résistant venu de Pologne à quinze ans fut le modèle explicite d'une vie entière. La chanson suit alors ce que le deuil opère dans le temps : une même phrase revient d'un couplet à l'autre, tremblée d'abord, raffermie ensuite.

Lorsque Jean-Jacques Goldman crée le trio Fredericks Goldman Jones en 1990, il range son costume de superstar des années 80 et se positionne au même niveau que ses deux nouveaux compagnons de route et de studio : Carole Fredericks et Michael Jones. Ce n’est plus lui la vedette, ils sont trois, en témoigne leur premier album éponyme sorti en 1990.

Certes, Goldman écrit et compose. Tout. Parfois en collaboration avec Jones.

Mais ils chantent tous les trois. À parts égales. Ou presque.

À la fin du disque, il y a “Tu manques”, une chanson qui frôle les dix minutes, enregistrée en live. À la basse, Pino Palladino. À la batterie, Claude Salmieri. Aux guitares, Basile Leroux et Patrice Tison. Aux claviers, Erik Benzi. Au piano et au chant, Goldman. Seul. Il chante en utilisant une technique ancestrale de blues qui consiste à alterner chant et guitare, comme si l’un répondait à l’autre et vice versa. Il ne fait nul doute que Goldman a emprunté cette technique à Mark Knopfler, guitariste et chanteur de Dire Straits. En écoutant “Tu manques”, on croirait presque entendre “Brother in Arms”, sortie en 1985 sur l’album au même nom, 25ème disque le plus vendu de tous les temps ! Goldman n’a jamais rien confirmé, mais connaissant son amour pour le leader de Dire Straits qui le “bouleverse” et l’emprise que le rock à sur lui, difficile de ne pas faire le lien.

Tandis que Knopfler chante la mort d’un soldat sur le champ de bataille inspiré de la guerre des Malouines, Goldman, lui, chante la mort d’un proche.

Et là, tout devient confus…

Sirima ou Alter Mojsze Goldman, le père de Jean-Jacques ?

La chanteuse qui lui donne la réplique dans “Là-bas”, sortie en 1987 dans “Entre gris clair et gris foncé” le cinquième album solo de Goldman, fut assassinée le 7 décembre 1989 par son compagnon. Le musicien Kahatra Sasorith, avait agit rongé par la jalousie envers la notoriété grandissante de Sirima qui se faisait encore les dents dans le métro il n’y a pas si longtemps. Elle avait 23 ans.

Un an plus tard, c’est Alter Mojsze Goldman, le père de Jean-Jacques, qui décède à 79 ans.

Nombreux sont les artistes qui évitent de se prêter au jeu du décorticage des chansons, préférant laisser l’auditeur se l’approprier et comprendre ce qu’il veut. Est-ce pour cette raison, ou pour garder son intimité que Goldman a mis du temps avant d’assouvir la curiosité du public ?

Ce n’est que 8 ans après la sortie de l’album, et 6 ans après a sortie en tant que single de “Tu manques”, qu’une Goldmanienne a dissipé le doute. Le 26 avril 1998, Géraldine Gauthier, avec sa franchise désarmante habituelle, n’y va pas par quatre chemins :

— “Tu manques”, c'est une chanson dont beaucoup savent à qui elle est destinée et beaucoup ne savent pas. Donc j'aurais aimé savoir si…
— Peu importe, répond Goldman. Elle est effectivement pour quelqu’un qui a disparu et qui m'était extrêmement cher. Voilà.
— D’accord. Il y en a qui pensent à Sirima, d’autres à votre papa…
— C’est l'un des deux… (silence gêné). Et c'est pas Sirima.

Alter Mojsze Goldman, né le 17 novembre 1909 à Lublin, une ville qui a abrité l’un des premiers ghettos juifs de Pologne, était un résistant. Orphelin, à 15 ans, il fuit l’antisémitisme en se réfugiant d’abord en Allemagne puis en France, ayant “pour tout bagage, deux pièces de monnaie, cachées dans son col de chemise”, raconte Goldman en 1986 dans le magazine Télé 7 jours. Le père de Jean-Jacques a combattu pour la France lors de la Grande Guerre, puis s’est engagé dans la résistance lors de la Seconde Guerre mondiale. Mojsze est de ceux qui ont aidé à la libération de Villeurbanne lors de l’insurrection de 1944 et reçu, pour cet acte, la légion d’honneur. Goldman n'aura vent du rôle important de son père qu’après sa mort.

Mais Mojsze, c’était aussi un père. Il aura un premier fils né en 1944, Pierre, un intellectuel d’extrême gauche assassiné en 1979 dans une rue parisienne.

Puis, en 1949, Mojsze épouse Ruth Ambrunn avec laquelle il aura trois autres enfants : Evelyne (1950), Jean Jacques (1951) et Robert (1953).

Jean-Jacques est né à Paris, et a grandi à Montrouge. Mais avant Paris, le père de Goldman à commencé sa vie en France à Trémuson, une ville des côtes d’Armor, au nord de la Bretagne. Pendant plusieurs mois, il s’use au travail dans les mines avant de rejoindre la capitale où il sera ouvrier mécanicien. Son séjour breton fut bref, mais en 2012, le maire du bourg fit savoir à Jean-Jacques qu’il souhaitait donner le nom de son père à l’école de la ville. “Très touché”, Goldman déclina la proposition : Mojsze n’y avait passé que 6 mois et surtout… “C’était aussi le père de Pierre”. “J'ai peur, écrit-il, que votre initiative soit utilisée par ceux que vous voulez combattre, ceux qui assimilent immigration et délinquance” relate Ouest-France. Finalement, l’établissement prendra le nom de l’ingénieur Louis Blériot.

À travers sa proposition, le maire de Trémuson voulait honorer un homme avec de vraies valeurs, sans nationalité ni attache. C’est ce que retient Goldman de son père, quelqu’un qui a “tout créé avec de la volonté, de la culture, l’amour de l’existence, de sa famille, de son pays”, dit-il en 1998 dans L’Union de Reims. Tout ceci, Mojsze l’a transmis à son fils qui en a fait un modèle. En 1997, il confie à TV5 Monde : “J’ai l’impression que tout ce que je fais, c’est d’essayer de ressembler à mon père.”

Et puis le modèle s’en est allé.

Ce autour de quoi Goldman s’est construit s’est effondré.

“On apprend tout de ses souffrances, Moi j’ai su deux choses après toi, le pire est au bout de l’absence, je suis plus vivant que je crois.” chante-il.

Certes Goldman chante la douleur de la perte, mais n’y a-t-il pas un peu de résilience dans ces paroles ? Finalement, Mojsze est là sans vraiment l’être. Jean-Jacques continue à apprendre de lui et à devenir plus fort.

Ce changement, cet apprentissage est palpable dans le morceau. Dans le troisième couplet de la chanson, Goldman dit pour la première fois “Tu manques, si tu savais”. Sa voix lente, comme s’il cherchait ses mots, et jusque-là intacte, tremble lorsqu’il prononce “si tu savais”. On croirait presque entendre un sanglot venant tout droit du cœur.

Et puis, trois couplets plus loin, cette phrase revient. “Tu manques, si tu savais”. Sans tremblement. Comme si se livrer l’apaisait. Et le rendait plus solide. Au fur et à mesure, cette chanson fait office de baume.

Ce qu’il y a de paradoxal dans ce morceau, c’est qu’il est personnel. Goldman l’a écrit une nuit, à l’heure où toutes les lumières sont éteintes, à l’abri du regard. Il chuchote, comme s’il ne voulait pas s’imposer dans nos oreilles lorsqu’on écoute le disque, comme s’il voulait rester discret. La chanson est même placée à la toute fin du disque ; c’est prendre le risque que nous, auditeurs, ne l’écoutions pas, ayant arrêté le lecteur avant la fin.

Et pourtant, cette chanson est l’une de celles qui auront touché le plus de gens à en croire le nombre de courriers qu’il a reçus de son public à ce sujet.

Au fond, tout tombe sous le sens : Jean-Jacques est Goldman est humain, il raconte la vie et la mort. Il n’y a rien de plus universel. “Ce n’est pas exceptionnel de souffrir de l’absence, que ce soit une absence momentanée ou définitive, de quelqu’un. Je crois que riche ou pauvre, blanc ou noir, femme ou homme, probablement martien ou vénusien, tout le monde à un moment souffre de l’absence de quelqu’un.”, commente l’artiste dans le coffret audio de l’album Frederick Goldman Jones.

En 1997, toujours au cours de l’interview pour la chaîne TV5 Monde, Goldman confie : “Quand quelqu’un de si proche de soi disparait, (la chanson) est applicable à toutes ces séparations. Ce qui nous fait penser à eux, c’est tout ce qu’ils ont donné de leur vivant. Là où ils sont, on va y aller, c’est une question de temps, de jours. Moi je pense à tout ce qu’on a eu ensemble. C’est réjouissant. C’est la même chose pour un parent : on y pense tous les jours, on les entend sans qu’ils soient là, on les perçoit dans des attitudes.”

Goldman vit. Goldman apprend. Goldman transmet.

En d’autres termes, Goldman est fidèle lui-même, puisque c’est une démarche qui revient régulièrement dans ses textes, à commencer par “Né en 17 à Leidenstadt” sur le même album.

Dans l’album suivant, “Rouge” sorti le 29 novembre 1993, Goldman consacre la chanson éponyme aux valeurs du communisme. En 1996, il se souvient de son père : “(il) a toujours dit que ce ne sont pas les idées qui sont mauvaises, ce sont les hommes. Il avait raison, les idées restent magnifiques. Ces idées altruistes. Le fait qu’il faut bien vivre ensemble.”

Alter Mojsze Goldman est parti en ayant rempli sa mission, ô combien difficile de père, mais sûrement la plus belle : éduquer son fils, lui transmettre des valeurs et en faire un homme bon.

Sources et Ressources

  • (01) Interview de Jean-Jacques Goldman par Roger Kreicher dans Télé 7 jours, 1986 ("pour tout bagage, deux pièces de monnaie, cachées dans son col de chemise")
  • (02) Coffret audio Fredericks-Goldman-Jones (Sony Music France, novembre 1990, propos recueillis par Philippe Robin)
  • (03) Interview de Jean-Jacques Goldman dans Salut, 1991
  • (04) Interview de Jean-Jacques Goldman dans Podium, 1991 (propos recueillis par Marc Thirion)
  • (05) Journée spéciale Fredericks Goldman Jones, O'FM, 29 décembre 1993
  • (06) Interview de Jean-Jacques Goldman sur TV5, 1994
  • (07) Rencontre avec Jean-Jacques Goldman, Radio Maguelonne, 26 avril 1998 (propos recueillis par Géraldine Gauthier)
  • (08) Interview de Jean-Jacques Goldman dans L'Union, Reims, 1998
  • (09) « Pascal Obispo : L'extralucide », Platine, décembre 1999
  • (10) Interview de Jean-Jacques Goldman dans L'Arche, septembre 2002 (propos recueillis par Raphaël Toledano)
  • (11) « Je vis avec la mort et la trahison… », entretien avec Sorj Chalandon, CQFD n°115, octobre 2013
  • (12) Article sur le refus de la dénomination de l'école de Trémuson, Ouest-France, 2012
  • (13) Fred Hidalgo, Jean-Jacques Goldman. Confidentiel (L'Archipel, 2016)
  • (14) Livret de la compilation Pluriel
  • (15) Qui est Alter Mojze Goldman ? (blog.parler-de-sa-vie.net)

Les liens que l'on sécrète…

  • Une chanson ne tient jamais seule. Celle-ci tient d'abord à un homme dont Jean-Jacques Goldman n'a mesuré l'ampleur qu'après sa disparition : Qui est Alter Mojze Goldman ?, résistant de la zone Sud, sauveur d'enfants, les armes à la main, modèle avoué d'une vie entière.
  • Elle tient aussi à l'autre disparue que les auditeurs y ont longtemps cherchée, Sirima, la voix féminine de "Là-bas" : Sirima : le destin hors du commun d’une étoile musicale.

Les questions que les routes ont laissées dans l'histoire…

De qui parle vraiment "Tu manques" de Jean-Jacques Goldman ?

De son père, Alter Mojze Goldman. Le doute a longtemps opposé plusieurs disparus, dont Sirima et Pierre Goldman. Goldman l'a confirmé sans détour à Fred Hidalgo : « Tu manques fait référence à mon père qui venait de disparaître » (Confidentiel, 2016). La chanson, elle, ne nomme personne.

Pourquoi a-t-on cru que "Tu manques" était dédiée à Sirima ?

Parce que deux deuils se succèdent à quelques mois d'écart, celui du père de Goldman et celui de Sirima, la voix féminine de "Là-bas", assassinée en décembre 1989. Le texte n'aidant pas à trancher, la confusion a duré. Interrogé à la radio en 1998, Goldman lève une moitié du voile : « C'est l'un des deux… Et c'est pas Sirima » (Radio Maguelonne, 26 avril 1998).

Quand Goldman a-t-il révélé le sens de "Tu manques" ?

En deux temps. Le 26 avril 1998, sur Radio Maguelonne, il écarte la piste Sirima sans nommer l'autre disparu : « Quelqu'un, effectivement, qui a disparu et qui m'était extrêmement cher. Voilà. » Il faudra attendre le livre de Fred Hidalgo, en 2016, pour qu'il nomme enfin son père. Dix-huit ans de pudeur avant la confirmation.

Qui était Alter Mojze Goldman, le père de Jean-Jacques ?

Un juif polonais né à Lublin en 1909, immigré en France à quinze ans, résistant central de la zone Sud, sauveteur d'enfants, décoré de la Légion d'honneur. Goldman le raconte arrivé « pour tout bagage, deux pièces de monnaie, cachées dans son col de chemise » (Télé 7 jours, 1986). Il n'apprendra l'ampleur de son rôle qu'après sa mort.

Que représentait son père pour Jean-Jacques Goldman ?

Un modèle absolu. « J'ai l'impression que tout ce que je fais, c'est d'essayer de ressembler à mon père », confie-t-il sur TV5 en 1994. Il retient surtout de lui un legs de caractère : « Ce qu'il m'a appris, c'est une grande indépendance d'esprit et une confiance en soi » (L'Arche, septembre 2002).

Comment "Tu manques" a-t-elle été composée et enregistrée ?

En une nuit, sur trois accords. « Pour moi, c'est le souvenir que j'ai de ça, d'une nuit passée sur ce titre : il y a trois accords, ça dure dix minutes », raconte Goldman (coffret Fredericks-Goldman-Jones, 1990). La prise est captée en public, lumières baissées, avec Pino Palladino, Claude Salmieri, Basile Leroux, Patrice Tison, Erick Benzi, et Goldman seul au piano et au chant.

Pourquoi "Tu manques" ressemble-t-elle à "Brothers in Arms" de Dire Straits ?

Parce que Goldman y emprunte à Mark Knopfler une technique de blues : faire dialoguer le chant et la guitare, l'un répondant à l'autre. Captée en public, proche de dix minutes, elle en partage le climat crépusculaire. L'emprunt n'a jamais été confirmé, mais l'admiration de Goldman pour Knopfler est constante. Le refrain, lui, tient en trois mots nus : "Tu manques, si tu savais".

Comment la chanson passe-t-elle du chagrin à l'apaisement ?

Par la répétition. Au troisième couplet, "Tu manques, si tu savais" est chantée d'une voix qui vacille. Trois couplets plus loin, la même phrase revient, sans tremblement, comme si l'énoncer en desserrait l'étreinte. La chanson agit en baume, jusqu'à ce vers qui retourne la perte en survie : "je suis plus vivant que je crois".

"Tu manques" est-elle une chanson autobiographique ?

Oui, et Goldman le reconnaît explicitement. Interrogé sur ses rares chansons vraiment personnelles, il répond : « Il y en a : "Veiller tard", "Tu manques", "Je ne vous parlerai pas d'elle", si l'on veut bien lire entre les lignes » (Podium, 1991). Trois titres qu'il rattache à sa propre vie, à mots couverts.

Pourquoi "Tu manques" a-t-elle une tonalité si intime ?

Parce qu'elle a été écrite de nuit et chantée presque à voix basse. « C'est une chanson très intime », résume Goldman (coffret Fredericks-Goldman-Jones, 1990). Le livret de la compilation Pluriel prolonge ce climat : « Enregistré en direct. Pénombre. Souvenir de Basile et Patrice… Un super moment. »

Que dit "Tu manques" du deuil en général ?

Que la perte est l'expérience la plus partagée qui soit. « Ce n'est pas exceptionnel de souffrir de l'absence, que ce soit une absence momentanée ou définitive, de quelqu'un. Riche ou pauvre, blanc ou noir, femme ou homme, probablement martien ou vénusien, tout le monde à un moment souffre de l'absence de quelqu'un » (coffret Fredericks-Goldman-Jones, 1990). La chanson vaut ainsi pour toutes les séparations.

Pourquoi "Tu manques" est-elle placée à la fin de l'album ?

C'est un pari : celui d'une chanson qu'on risque d'arrêter avant d'atteindre. Elle a pourtant marqué durablement le public fidèle. « Celles qu'ils aiment bien, ça va être des chansons comme "Veiller tard", des chansons comme "Tu manques", comme "Famille" », observe Goldman à propos de ceux qui le suivent en concert (O'FM, 29 décembre 1993).

Quel lien "Tu manques" entretient-elle avec le reste de l'œuvre de Goldman ?

Le deuil qui devient transmission traverse son écriture. Sur le même album, "Né en 17 à Leidenstadt" interroge déjà l'héritage. Ce que le père a légué, Goldman le nomme lui-même : « une grande indépendance d'esprit et une confiance en soi » (L'Arche, septembre 2002). La filiation est chez lui un moteur autant qu'un thème.

Qui était Pierre Goldman, le frère évoqué autour de cette chanson ?

Le demi-frère aîné de Jean-Jacques, né en 1944, intellectuel d'extrême gauche assassiné à Paris en 1979. En 2012, Goldman refuse qu'une école de Trémuson porte le nom de leur père, rappelant qu'il fut aussi celui de Pierre, et redoutant que le geste soit « utilisé par ceux qui assimilent immigration et délinquance » (Ouest-France).

Pourquoi Jean-Jacques Goldman a-t-il refusé toute célébration publique de son père ?

Par fidélité à un homme qui n'a jamais agi pour être honoré. Alter Mojze Goldman a laissé des actes, pas un récit, et son fils refuse de le transformer en statue ou en nom de rue. Une même pudeur relie le silence du père et la retenue du fils, jusque dans cette chanson qui met dix-huit ans à dire son nom.