Jean-Marie Bigard : On va mettre le paquet (2000)

Exégèses

Trop Gros Le Paquet

En 2000, Jean-Jacques Goldman co-signe — sous son vrai nom — la chanson finale du spectacle "Bigard met le paquet". Musique seul, paroles à trois avec Bruno Jeannet et Jean-Marie Bigard. Quatre accords en Ré majeur, 136 BPM, un refrain épelé lettre par lettre : Goldman calibre la structure sur les capacités de celui qui va la porter. Le texte, lui, appartient entièrement au monde de Bigard. Lexique, attitude, première personne verrouillée sur un nom qu'on épelle et qu'on ne peut prêter à personne d'autre. Goldman a co-écrit un autoportrait dont il est structurellement exclu. Ni transgression, ni libération : une parenthèse consentie entre amis, dont la nature exacte se lit mieux dans les coulisses des Enfoirés de janvier 2000 que dans le texte lui-même. Il signe la gargouille. Il ne la devient pas.

Sommaire


Introduction

Jean-Jacques Goldman est-il drôle ? Ce n'est pas la première idée qui vient spontanément à l'esprit quand on pense à lui.

Qu'il ait de l'humour, certes. C'est avéré. Il l'a prouvé à maintes reprises sur les plateaux de télévision ou face aux questions plus ou moins bienveillantes des journalistes.

Mais est-il drôle ? C'est une toute autre question, et un tout autre débat.

Sa collaboration avec Jean-Marie Bigard (01) apporte quelques éléments de réponse.


La genèse

Jusqu'au milieu des années 1990, Jean-Jacques Goldman peine à recruter des volontaires pour les Enfoirés. L'opération est jeune, la visibilité incertaine, la cause réelle mais le plateau encore fragile. À partir de 1996, le spectacle devient incontournable. Les personnalités se battent pour y participer. Goldman fixe alors ses critères avec une clarté qui ne laisse pas de place à la sentimentalité. En février 1999, sur Europe 1, il explique à Laurent Boyer, sans détour : "Il y a certains artistes qu'on n'appelle pas, alors qu'on les adore. Peut-être qu'ils font moins d'audience que d'autres, qu'on aime peut-être moins — il faut que ce soit clair — et qui apportent quelque chose à l'émission." (02)

Jean-Marie Bigard apporte quelque chose à l'émission. Beaucoup, même. Entre 1995 et 2004, il est au sommet de sa gloire : Bercy en 2001, Stade de France en 2004. C'est l'humoriste le plus en vue de sa génération. Il rejoint les Enfoirés en 1998, aux côtés de Muriel Robin, pour assurer les transitions entre les chansons. Goldman, qui n'aime pas s'occuper de ça, lui délègue volontiers cet espace. "[Muriel Robin et Jean-Marie Bigard] prennent tout cela en charge, moi je ne fais plus rien là-dedans" (02), dit-il à Laurent Boyer avec le ton de quelqu'un qui vient de se décharger d'un fardeau.

Pendant quatre ans — 1998, 1999, 2000, 2001 — Goldman et Bigard se croisent régulièrement, travaillent ensemble, apprennent à se connaître dans les coulisses d'un spectacle qui est, par nature, un espace de décompression autant que de travail. La complicité se construit dans cet entre-deux. Le 25 mai 2000, lors d'un after-show au Bataclan organisé au profit des Restos du Cœur (03), elle devient visible. Bigard et Goldman chantent ensemble "Mon frère" de Maxime Le Forestier dans une version que les témoins qualifient prudemment de "très spéciale" (03). Goldman, selon Matthieu Claval qui était présent, affiche "un sérieux empesé à mon avis trop affiché pour être totalement sincère" (03). Rachel et Joël Puccio notent simplement : "Jean-Jacques pleurant de rire sur sa guitare." (03)

 

Jean-Jacques Goldman et Jean-Marie Bigard - Mon frère (Bataclan, 25 mai 2000)

La collaboration survit à la dernière participation de Bigard aux Enfoirés. C'est en effet lui qui écrit les transitions entre les chansons pour la tournée 2002 de Jean-Jacques Goldman (04).

C'est dans ce contexte — une amitié réelle, une complicité documentée, un plaisir partagé pour les espaces où les règles habituelles se relâchent — que naît "On va mettre le paquet" (05). Goldman compose la musique. Il co-écrit les paroles avec Bigard et son collaborateur régulier Bruno Jeannet. La chanson clôt le spectacle "Bigard met le paquet", créé au Bataclan en janvier 2000, capté le 20 mai, prolongé au Zénith jusqu'en janvier 2001 (06).

La promesse était annoncée dès la pochette du spectacle : un slip blanc sur fond noir, "100% inédit". Le titre et l'image disaient la même chose. Goldman, qui co-signe la chanson éponyme, savait exactement dans quoi il mettait les mains.

Une question demeure : la cathédrale goldmanienne avait-elle besoin d'une gargouille ?


Le soudeur de l'ombre

Les crédits ne mentent pas. Musique : Jean-Jacques Goldman. Paroles : Jean-Jacques Goldman, Bruno Jeannet, Jean-Marie Bigard. Cette répartition dit presque tout sur ce que chacun a apporté, et sur ce que Goldman n'a pas apporté.

La musique est signée de lui seul. C'est son territoire, celui où il n'a jamais eu besoin de personne. Un riff binaire, une structure en couplets-refrains sans surprise, un refrain construit sur l'épellation. Un procédé d'une rusticité assumée, efficace comme un coup de poing. Goldman sait fabriquer ça les yeux fermés. Il l'a prouvé cent fois, pour lui et pour les autres.

La grille harmonique est à l'avenant : quatre accords en Ré majeur — Sol, Ré, La, Mi mineur — à 136 BPM (07). Une architecture rock universelle, que n'importe qui peut apprendre en moins d'une heure sur n'importe quelle guitare électrique. Ce n'est pas un hasard : c'est Michael Jones, guitariste attitré de Jean-Jacques Goldman, qui a enseigné ces quatre accords à Jean-Marie Bigard pour qu'il puisse les jouer sur scène, "pour faire genre". Goldman a composé une chanson dont la structure est calibrée sur les capacités de celui qui va la porter. Le soudeur a mesuré ses matériaux.

Les paroles, en revanche, sont à trois. Et dans ce trio, Goldman n'est pas le plus visible. La matière brute — le lexique, l'attitude, le "je" qui s'épelle et se gratte — vient de Bigard et de son collaborateur régulier Bruno Jeannet. Jeannet n'est pas un inconnu dans cet univers : avant Goldman, il a déjà co-signé plusieurs titres avec l'humoriste, dont il connaît la respiration, les points de rupture, la façon d'habiller une saillie en chanson. Il est l'artisan local. Il sait comment Bigard fonctionne.

Goldman arrive donc dans un atelier qui tourne déjà. Son rôle n'est pas d'inventer. Son rôle est d'assembler. Mettre en forme ce que les deux autres apportent. Trouver la structure qui tient, le refrain qui reste, la ligne qui fait que la chanson existe plutôt qu'elle ne s'épuise en sketch. Un soudeur, pas un soudard.

Ce rôle, Goldman le connaît. Il l'a exercé des dizaines de fois, pour Céline Dion (08), pour Khaled (09), pour Lââm (10), pour Patricia Kaas (11). La méthode ne change pas selon le registre : comprendre ce dont l'interprète a besoin, fabriquer ce qui lui correspond, s'effacer une fois le travail livré. Ce qui change ici, c'est uniquement le cahier des charges. Pas une ballade, pas une déclaration, pas un hymne collectif. Un hymne de vestiaire. Goldman livre ce qu'on lui demande avec la même conscience professionnelle qu'il mettrait à écrire "Pour que tu m'aimes encore" (12). Le registre est aux antipodes. L'éthique de travail est identique.

Ce qu'il n'apporte pas mérite d'être dit clairement. Le "je" du texte ne lui appartient pas. "C'est bien moi, c'est Bigard". Cette première personne est verrouillée dès le premier vers sur une identité qui n'est pas la sienne. Dans sa propre discographie, Goldman n'a jamais écrit un "je" aussi fermé, aussi nommé, aussi incarné dans un corps précis avec une affiche en slip. Ses narrateurs sont des silhouettes à géométrie variable, des voix qui pourraient être les nôtres autant que les siennes. Ici, le "je" a un nom, une carrière, des couilles à se gratter. Goldman a co-écrit ce "je" sans jamais pouvoir le prononcer.

Il a construit une maison dans laquelle il n'habitera jamais.


"C'est bien moi, c'est Bigard"

Il existe, dans le corpus Goldman, des dizaines de "je". Narrateurs sans visage, voix qui pourraient être celles de n'importe qui, silhouettes délibérément floues entre l'auteur et le personnage. Goldman a toujours cultivé cette ambiguïté. Quand on lui demande si ses chansons sont autobiographiques, il esquive avec une régularité qui finit par être une réponse en soi. Le "je" goldmanien est une porte entrouverte. On entre si on veut, on ressort sans savoir vraiment qui habitait là.

"On va mettre le paquet" ouvre sur le dispositif inverse. "C'est bien moi, c'est Bigard, B.I.G.A.R.D." Six lettres épelées une par une, comme on décline son identité au guichet de la C.A.F. Le "je" n'est pas suggéré. Il est estampillé. Il n'est pas ouvert. Il est verrouillé de l'intérieur, avec le nom sur la porte et l'affiche en slip sur le mur d'en face.

Goldman a co-écrit cet autoportrait. Il a fabriqué, avec Bigard et Jeannet, une première personne dont il est structurellement exclu. C'est un dispositif unique dans son travail. La chanson ne peut appartenir qu'à une seule gorge. Essayez d'imaginer quelqu'un d'autre chanter "C'est bien moi, c'est Bigard". Le texte s'effondre immédiatement. Il n'existe que parce que Bigard existe.

Ce que Goldman signe, c'est donc un autoportrait de quelqu'un d'autre. Pas un portrait. Un autoportrait. Le "je" est Bigard, les mots sont à Bigard, l'affiche est à Bigard. Goldman est au crédit, invisible dans le texte, présent dans la musique. Son nom figure sur l'œuvre mais nulle part dans l'œuvre. C'est une forme de générosité assez rare : prêter son métier sans laisser sa trace.

La frontière que ce dispositif dessine est nette. D'un côté, l'œuvre personnelle. Ces "je" flous, ambigus, qui sont la marque de fabrique d'un auteur qui n'a jamais voulu se livrer frontalement. De l'autre, la commande. Et dans ce cas précis, quelque chose qui ressemble moins à une commande qu'à un cadeau. On ne fabrique pas un autoportrait aussi précis, aussi incarné, aussi épelé, pour quelqu'un qu'on ne connaît pas. On le fait parce qu'on sait exactement à qui ça ressemble. Parce qu'on a ri avec lui sur scène, parce qu'on connaît sa voix, sa façon d'occuper l'espace, les mots qui sonnent juste dans sa bouche.

Goldman n'a pas écrit sur Bigard. Il a écrit Bigard. Au fer rouge.


La parenthèse assumée

En 2000, Jean-Jacques Goldman co-signe un texte qui contient "poil, bite et cul". Sous son vrai nom. Sans hésiter, semble-t-il, et sans que personne ne s'en soit particulièrement ému.

Trois ans plus tard, il co-signe avec son frère Robert (13) une chanson érotique pour Francky Vincent (14) — "Retourne-toi" (15) — mais sous pseudonyme (16). Yvon (17) et Jacques Hulet (18), deux frères imaginaires dont le patronyme est lui-même une blague de cour de récré. Le masque est total, le dispositif soigneusement construit.

Deux chansons grivoises. Deux stratégies opposées. La différence entre les deux n'est pas une question de degré de vulgarité. "Retourne-toi" est autrement plus élaborée dans ses doubles lectures que la franchise organique de Bigard. C'est une question de bouclier. En 2000, Goldman n'a pas besoin de pseudonyme parce qu'il a mieux : il a Bigard. Le texte dit "c'est moi, c'est Bigard" dès le premier vers. Personne ne cherchera Goldman derrière cette voix-là. L'interprète est le masque.

Ce que cette chanson révèle sur lui n'est donc ni une transgression, ni une libération. C'est plus simple et plus humain : une parenthèse consentie, un espace de jeu entre amis, une récréation dont il assume l'existence sans en faire un événement.

Ce Goldman qui pleure de rire sur sa guitare pendant que Bigard détourne une chanson de Le Forestier, c'est le même qui a mis son nom sur "bite et cul" quelques semaines plus tôt. La chanson et la soirée appartiennent au même espace. Celui où Goldman se permet ce qu'il ne se permet pas ailleurs.

En 2003, interrogé sur le fait que Bigard le surnomme "pisse-froid" aux Enfoirés, Goldman répond avec un sourire qu'on entend jusque dans la retranscription : "Bigard n'en croit pas un mot non plus." (19) Quelques mots qui disent tout sur une amitié, et sur la nature exacte de cette parenthèse.


Vive l'amour, la vie, et l'insolence

"On va mettre le paquet" ne clôt pas seulement le spectacle. Elle est le spectacle. Son titre, sa promesse, son accomplissement. Bigard a passé deux heures à tenir cette promesse devant son public, sketch après sketch. La chanson arrive en dernier pour la sceller. C'est la signature au bas d'un contrat oral passé dès l'entrée du Bataclan.

Goldman a composé la musique de cette signature. Il a co-écrit le texte de cette clôture. Il a fabriqué la conclusion d'un édifice dont il n'a pas posé la première pierre, dont il ne connaît pas tous les étages, et dans lequel il n'apparaîtra jamais sur scène. Contribution invisible, fonction décisive.

Le texte lui-même fournit l'image juste. "Aux plus belles cathédrales, il y avait des gargouilles / Et ben moi, je grimace pareil." Bigard se définit comme gargouille. Figure nécessaire, repoussante par vocation, dont la laideur assumée protège et complète l'édifice. La gargouille n'est pas une erreur architecturale. Elle est prévue dans le plan. Elle évacue ce que la cathédrale ne peut pas contenir.

Ce que cette image dit sur la fonction de la chanson dans le spectacle, elle le dit aussi sur la fonction de Goldman dans cette collaboration. Il est l'architecte discret qui a dessiné la gargouille, qui a donné à l'insolence de Bigard une forme musicale suffisamment solide pour tenir debout seule, soir après soir, devant des milliers de spectateurs. La gargouille grimace. L'architecte, lui, range ses plans et rentre chez lui.

Chez Goldman, la gargouille n'existe pas dans son propre répertoire. La soirée du Bataclan et quatre ans de complicité aux Enfoirés prouvent pourtant qu'il sait rire, qu'il sait se laisser aller, qu'il connaît le registre. Mais dans ses propres chansons, il a toujours choisi autre chose. "L'ironie, ce n'est pas mon fort", dit-il en 1993 (20). La formule est souvent citée comme un aveu de limitation. Elle est plutôt un choix esthétique énoncé clairement. Goldman ne met jamais le paquet dans ses propres textes. Il dose, il retient, il préfère la phrase qui tient à celle qui éclate. La pudeur n'est pas une inhibition. C'est une posture d'écriture, tenue avec une constance qui ressemble à de la conviction.

Ce qui rend cette chanson intéressante dans le corpus n'est donc pas qu'elle révèle un Goldman caché, libéré, transgressif. C'est qu'elle montre un Goldman parfaitement conscient de ce qu'il fait. Et de ce qu'il ne fait pas. Il signe la gargouille. Il ne devient pas la gargouille.

"Putain, vive l'amour, la vie, et l'insolence." Le dernier vers avant le refrain final. Goldman a co-écrit ce "putain". Il l'a mis là, l'a laissé là, n'en a fait aucun cas. C'est peut-être la mesure exacte de cette parenthèse : un juron dans un texte qui n'est pas le sien, pour un ami qui en avait besoin, un soir de l'an 2000 où ça l'amusait de mettre le paquet.


"Je suis beaucoup plus drôle que tu crois"

Il existe deux scènes, filmées dans les coulisses des Enfoirés en janvier 2000, disponibles dans les bonus du double DVD Enfoirés en 2000 (21).

La première : Toulouse, 8 janvier, anniversaire de Pascal Obispo. Bigard ouvre un frigo et annonce triomphalement : "Et maintenant, la fête ! Quatre bouteilles de Badoit, c'est Jean-Jacques qui nous les offre." Rires généraux. Goldman encaisse. Pour qui ne sait pas : Bigard est un grand amateur de vin. Goldman ne boit pas d'alcool. La pique est chirurgicale.

La deuxième : Bordeaux, 17 janvier. Neuf jours plus tard. Goldman monte sur une chaise et apostrophe Bigard devant tout le monde : "Jean-Marie, ça fait une semaine que tu te fous de ma gueule, une semaine que tu fais courir le bruit que je serais un triste-sire, que je serais un emmerdeur, à la limite un pisse-froid. Je veux te montrer ce soir, Jean-Marie, devant tout le monde, que je suis beaucoup plus drôle que tu crois." Il enfile alors un chapeau pointu, souffle dans une langue de belle-mère, et jette des cotillons sur l'assemblée.

 

Jean-Jacques Goldman : "Je suis beaucoup plus drôle que tu crois"

L'homme qui ne boit pas, qui ne jure pas, qui n'ironise pas. Cet homme-là a préparé sa revanche pendant une semaine. Avec la même méthode avec laquelle il prépare tout le reste.

Bigard, l'homme qui grimace pareil aux gargouilles des cathédrales, n'en revient pas.

C'est peut-être la meilleure réponse à toutes les questions que cette chanson pose.


 

Jean-Marie Bigard : On va mettre le paquet (Bataclan, 2000)

Sources


Les questions que les routes ont laissées dans l'histoire…

"On va mettre le paquet" est-elle vraiment une chanson de Jean-Jacques Goldman ? Oui — au sens des crédits : Goldman signe la musique seul et co-signe les paroles avec Bruno Jeannet et Jean-Marie Bigard. Mais c'est une chanson de Goldman au sens où un costume sur mesure est l'œuvre du tailleur : la pièce appartient à celui qui la porte.

Pourquoi Goldman signe-t-il sous son vrai nom alors que le texte est si éloigné de son registre habituel ? Parce que le bouclier n'est pas le pseudonyme — c'est l'interprète. Le texte dit "c'est moi, c'est Bigard" dès le premier vers. Personne ne cherchera Goldman derrière cette voix-là. Trois ans plus tard, pour "Retourne-toi", où le dispositif de dissimulation par l'interprète n'existe pas, il choisira le pseudonyme.

Qui est Bruno Jeannet ? Le collaborateur régulier de Bigard pour ses chansons, avant et après "On va mettre le paquet". Il connaît la respiration de l'humoriste, son lexique, sa façon d'habiller une saillie en chanson. C'est l'artisan local. Goldman arrive dans un atelier qui tourne déjà.

Comment Goldman a-t-il rencontré Jean-Marie Bigard ? Par les Enfoirés. Bigard rejoint le spectacle en 1998, aux côtés de Muriel Robin, pour assurer les transitions entre les chansons. Quatre ans de coulisses communes font le reste.

Quel était le rôle exact de Bigard aux Enfoirés ? Avec Muriel Robin, il co-présente le spectacle et rédige les transitions entre les chansons. Goldman, qui ne voulait pas s'en occuper, leur délègue entièrement cet espace. En 1999, il confie à Laurent Boyer : "Muriel Robin et Jean-Marie Bigard prennent tout cela en charge, moi je ne fais plus rien là-dedans."

Quelle est la structure musicale de la chanson ? Quatre accords en Ré majeur — Sol, Ré, La, Mi mineur — à 136 BPM. Une grille rock universelle, volontairement simple : c'est Michael Jones, guitariste de Goldman, qui a appris ces quatre accords à Bigard pour qu'il puisse les jouer sur scène.

La chanson clôt-elle vraiment le spectacle ? Oui. Elle est placée en dernière position sur toutes les éditions audio et vidéo du spectacle. Elle porte le même titre que le spectacle lui-même. C'est le cri de sortie, la signature au bas du contrat oral passé avec le public dès le début de la soirée.

Jean-Jacques Goldman s'est-il exprimé sur sa collaboration avec Jean-Marie Bigard ? Pas directement sur la chanson. En 2003, interrogé sur le surnom de "pisse-froid" que lui colle Bigard, il répond : "Bigard n'en croit pas un mot non plus." C'est la seule déclaration publique retrouvée qui touche à leur complicité.

Jean-Jacques Goldman est-il drôle ? La question de l'introduction n'appelle pas de réponse simple. Ce qu'on sait : le 17 janvier 2000, à Bordeaux, il monte sur une chaise, enfile un chapeau pointu, souffle dans une langue de belle-mère et jette des cotillons. Il a préparé sa revanche pendant une semaine. Bigard n'en revient pas.

"On va mettre le paquet" est-elle une gargouille dans la cathédrale goldmanienne ? Le texte le dit lui-même : "Aux plus belles cathédrales, il y avait des gargouilles / Et ben moi, je grimace pareil." Goldman a dessiné la gargouille. Il ne l'est pas devenu.