Qui est Monique Le Marcis ?

Qui est ?

Carte d'identité

  • Nom : Monique Le Marcis
  • Naissance : 1935, à Tananarive (Madagascar, alors colonie française)
  • Origines : famille creusoise
  • Fonction : directrice de la programmation musicale de RTL
  • En poste : de 1970 à 1996 (dans la maison depuis 1959)
  • A contribué à imposer, entre autres : Joe Dassin, Mike Brant, Julio Iglesias, Daniel Balavoine, Yves Duteil, Jean-Jacques Goldman
  • Restée célèbre pour : avoir cru à "Il suffira d'un signe" et l'avoir maintenu à l'antenne de RTL quand les autres radios l'ignoraient

Too Long; The Road

Entre 1959 et 1996, Monique Le Marcis bouleverse le paysage radiophonique français en imposant des chanteurs auxquels personne d'autre ne croit encore. Directrice de la programmation musicale de RTL, la première radio du pays, elle passe pour l'une des rares personnes capables de faire ou de défaire un succès, sans jamais paraître à l'antenne. Ce portrait raconte d'abord sa trajectoire, de Madagascar à la rue Bayard, sa méthode et la galerie d'artistes qu'elle a portés. Puis il suit un fil rouge, Jean-Jacques Goldman, parce que son cas résume tout : en 1981, "Il suffira d'un signe" stagne, dédaigné ; elle y croit, le maintient des mois durant, et le pousse jusqu'à la première place. Une passeuse, pas une vedette, à qui la chanson française devait tant qu'elle s'est réunie tout entière, un soir de 1996, pour lui dire merci.

Une vocation contrariée

Trois hommes, une maison

La méthode Le Marcis

Du classique au rock

Celles et ceux qu'elle a imposés

L'inventrice de formats

Une fille de la Creuse

Le fil rouge : Jean-Jacques Goldman

Monique Le Marcis parle de Jean-Jacques Goldman

Jean-Jacques Goldman parle de Monique Le Marcis

Monique Le Marcis vue par les autres

Le départ et les années d'après (1996)

Les questions que les routes ont laissées dans l'histoire…

Une vocation contrariée

Monique Le Marcis naît en 1935 à Tananarive, à Madagascar, alors colonie française, dans une famille d'origine creusoise. Une mère mélomane l'emmène tôt au concert et au music-hall, et lui transmet une oreille qui décidera de tout. Rien, pourtant, ne la destine à la radio : elle se voit assistante sociale. Un accident de voiture change son cours. Un temps institutrice à Alger pendant que son mari fait son service militaire, elle entre en 1959 comme secrétaire à Radio-Luxembourg, en pensant n'y rester que six mois. Elle y restera : elle apprend qu'elle attend un enfant, et sa vie bascule vers Paris et les ondes.

Trois hommes, une maison

Roger Kreicher, qui dirige alors les productions de Radio-Luxembourg, l'engage comme assistante. Elle suit la maison dans ses mues : des Programmes de France, place de Valois, à la rue Bayard, où elle arrive en 1963, puis de Radio-Luxembourg à RTL, née en 1966 avec l'arrivée du groupe Prouvost. Dès 1963, elle rejoint, presque clandestinement au départ, le comité d'écoute qui juge les disques. En 1970, Jean Farran la nomme directrice de la programmation musicale, un poste dont elle ne voulait pas, de peur de s'y enfermer, et qu'elle n'accepte qu'à condition de garder aussi la direction artistique.

Trois hommes structurent sa carrière. Roger Kreicher, d'abord, avec qui elle travaille vingt-cinq ans et qui l'installe dans son rôle. Jean Farran, ensuite, le patron qui a inventé la radio de A à Z et qui la pousse à prendre du galon. Philippe Labro, enfin, qu'elle dirige et qui la dirigera, quinze ans de compagnonnage. Autour d'eux, elle bâtit une politique musicale d'antenne, et pas seulement une liste de titres.

La méthode Le Marcis

Elle déteste le mot "découvreuse". Ce qu'elle revendique, c'est un travail, pas un don magique. Elle arrive au bureau vers sept heures et demie, avant le grand calme du matin, et écoute tout : la variété française, la variété internationale, en s'appuyant sur des spécialistes pour le classique et le rock. Elle rédige des fiches d'écoute, va au concert plus que de raison, convaincue que la scène révèle ce que le disque cache. Pour tester une chanson, elle se sert des émissions à écoute active, comme le hit-parade et le rendez-vous quotidien du public, dont elle tire des coefficients de satisfaction et de mobilisation. L'intuition existe, mais elle est nourrie de méthode. Sa règle, héritée de Kreicher : ne jamais forcer l'auditeur à changer de station, mais lui donner confiance dans ce qu'on lui fait découvrir.

Du classique au rock

RTL, sous sa direction, se veut la radio de toutes les musiques. On y programme des émissions classiques comme des émissions rock, et un titre classique peut surgir entre deux variétés, au point qu'une radio américaine, un jour, s'en étonne. Son rôle est d'harmoniser cette grille selon les publics qui se succèdent au fil de la journée, d'accorder les voix des animateurs aux heures. Mais elle pose une limite qui en dit long sur sa façon de diriger : aux animateurs spécialistes du rock, elle laisse la pleine responsabilité de leur propre programmation. Elle unifie la couleur d'antenne sans uniformiser les passions.

Celles et ceux qu'elle a imposés

La liste de ses paris traverse trois décennies. Il faut y distinguer les verbes : certains, elle les a imposés ; d'autres, soutenus ; d'autres encore, simplement programmés au bon moment.

Joe Dassin est celui par qui tout commence : c'est un peu à cause de lui qu'elle rejoint le comité d'écoute. Elle lui obtient la griffe de Radio-Luxembourg pour un premier disque, et change le destin de ce fils de cinéaste qui se voyait ethnologue. Mike Brant, elle le doit à l'équipe de Jean Renard et à Carlos, qui lui parlent d'un garçon extraordinaire ; elle obtient de Jean Farran quatre passages par jour, chose rarissime, et le fait chanter a cappella dans l'émission publique de Philippe Bouvard. Elle sera à ses côtés la veille de sa mort, en 1975. Julio Iglesias, elle l'entend à travers la cloison d'une réunion internationale au Luxembourg, sur "Un canto a Galicia" ; contre l'avis d'un label qui ne croit pas à un chanteur espagnol en France, elle le passe à l'antenne, et dès le lendemain les disquaires appellent. CBS le signera pour le monde entier.

Daniel Balavoine, elle refuse de dire qu'elle l'a "découvert", mais elle s'est battue pour lui : sa voix haut perchée dérangeait, elle a essuyé des refus, jusqu'à envisager de démissionner, et Kreicher lui a conseillé d'aller se calmer dans sa Creuse. Yves Duteil lui doit "Prendre un enfant" : après avoir présenté "La Tarantelle", elle le voit en concert, mesure la réaction du public, et décide de programmer la chanson qui deviendra un classique des baptêmes et des adoptions.

Autour d'eux gravitent Charles Aznavour, qu'elle appelle son fil rouge de trente-sept ans, Michel Sardou, Léo Ferré qu'elle reçoit pour un concert d'un soir, Francis Cabrel découvert avec Labro, Bernard Lavilliers et Jacques Higelin, moins faciles à imposer, ou encore Vanessa Paradis, son "dernier bébé", repérée sur les conseils de Renaud. Selon le récit de Johnny Hallyday, elle avait aussi lancé Alain Barrière et Michel Delpech, et figuré parmi les premiers à défendre Patrick Bruel.

L'inventrice de formats

Son influence dépasse la seule programmation. La Nouvelle Affiche, l'émission qui présente de jeunes auteurs-compositeurs parrainés par des artistes confirmés, est son idée : née au MIDEM de Cannes, elle se prolonge à Forbach, puis sur Antenne 2 et RTL. Elle est de tous les grands coups de la maison : les "bulles", ces chapiteaux qui font vivre la radio en direct dans les petites villes ; les trains d'auditeurs affrétés vers des concerts introuvables en France ; l'opération des "mille places" inventée pour riposter à la concurrence de la FM naissante lors d'un concert de Madonna ; les concerts d'un soir de Léo Ferré, Serge Reggiani ou Claude Nougaro. Elle teste et fait monter des voix d'animateurs devenues célèbres, de Georges Lang à Nagui, qu'elle repère au MIDEM.

Une fille de la Creuse

Monique Le Marcis n'a jamais renié ses racines creusoises, et la Creuse revient comme un refuge dans son parcours : c'est là que Kreicher l'envoie "se calmer" après un conflit. Des années plus tard, elle y ramène la chanson qu'elle aime, en faisant venir des artistes pour des émissions à Guéret, Patrick Bruel en 1990, Jean-Jacques Goldman en 1995, peu avant son départ de la radio. La boucle d'une vie entre Paris et le plateau de Millevaches.

Le fil rouge : Jean-Jacques Goldman

Le premier album solo de Jean-Jacques Goldman paraît à l'automne 1981, juste avant l'essor des radios FM. En ce mois de septembre, "Il suffira d'un signe", long de près de six minutes, ne décolle pas : snobé par le milieu, dédaigné par Europe 1 et Radio Monte-Carlo. Une seule grande radio le diffuse, RTL, parce que Monique Le Marcis y croit. Elle l'avait d'abord remarqué autrement : en observant la réaction du public lors d'un concert d'Hubert-Félix Thiéfaine. Persuadée qu'il tient un tube et un futur grand, elle impose le titre au hit-parade de la station et l'y maintient pendant des mois. Entré à l'automne 1981, le morceau grignote les places une à une jusqu'à la première, au printemps 1982. Elle le résume d'une phrase : on a mis presque un an à l'installer.

Elle ne se contente pas de le diffuser. Au MIDEM de Cannes, en février 1982, elle l'inscrit à La Nouvelle Affiche parmi les révélations de l'année, où il reçoit une distinction des mains de Laurent Voulzy, Francis Cabrel et Yves Duteil. Dès octobre 1981, elle l'a fait inviter à l'émission de radio de Michel Drucker, avant de souffler son nom pour "Champs-Élysées", dont le passage du 6 mars 1982, avec sa bande-son récalcitrante et son chanteur sur un balcon, reste célèbre. Jusqu'à l'album Positif (1984), les clips de Goldman sont d'ailleurs réalisés par RTL Productions, par son entremise, avant que Bernard Schmitt ne prenne le relais. En juillet 1985, c'est encore à son invitation qu'une délégation française, Balavoine, Goldman, Michel Berger et France Gall, se rend au Live Aid, dans le stade de Wembley, où Goldman et Balavoine se lient d'amitié.

Monique Le Marcis parle de Jean-Jacques Goldman

Le regard qu'elle porte sur lui est celui d'une passeuse qui a tout de suite vu. Elle raconte le soir du MIDEM 1982 : malade et paralysé par le trac dans les coulisses, Goldman se métamorphose en entrant sur scène, et c'est ce jour précis, dit-elle, qu'elle a su qu'il se passerait quelque chose entre ce garçon, la scène et le public. La scène est aujourd'hui attestée à l'écrit comme en vidéo. Elle se souvient aussi d'une Nouvelle Affiche où Michel Berger et Daniel Balavoine, l'écoutant, se disaient que celui-là les dépasserait tous. En 1986, pour une soirée de la Fête de la musique, elle prévient qu'elle va le mettre "en fil rouge toute la soirée". Et elle rapporte cette scène, vers 1984, où Johnny Hallyday, l'entendant chanter "Envole-moi", regrette de ne pas en avoir été le premier interprète, quand Goldman la lui avait justement proposée, en vain.

Jean-Jacques Goldman parle de Monique Le Marcis

Jean-Jacques Goldman n'a jamais oublié ce coup de pouce, et il l'a redit à plusieurs reprises. Sur le plateau du "Plein de super", en 1994, il raconte que le titre a été programmé "en dépit du bon sens" par une dame d'une radio qui s'appelait Monique Le Marcis. En 2002, interrogé par une radio grenobloise sur les gens qu'il aimerait remercier, il ne cite que deux noms, Marc Lumbroso et elle, et salue son intégrité dans un métier qu'il décrit rongé par la co-édition : elle, dit-il en substance, a fait toute sa carrière proprement. Un an après ses débuts, il lui avait déjà écrit une lettre pour la remercier d'avoir été la "complice-coupable de son succès", formule très goldmanienne rapportée par Éric Le Bourhis. Trois occasions, un même aveu.

Monique Le Marcis vue par les autres

Les artistes qui lui doivent quelque chose ne l'ont pas oubliée. Dans son autobiographie Dans mes yeux, Johnny Hallyday en dresse le portrait le plus vif : une femme très importante dans sa vie et dans le métier, aux "oreilles en or et une poigne de fer", qui a découvert les plus grands, soutenu une génération entière, et tenu RTL des mois durant comme seule radio à diffuser Mike Brant. Il rappelle qu'elle est allée jusqu'à rédiger une lettre de démission pour obtenir la programmation de Balavoine, et cite le mot de Philippe Labro sur son "âme de midinette", qu'il corrige aussitôt : c'était surtout, dit-il, une très grande professionnelle.

Sur RTL, l'animateur Éric Jean-Jean, qui a repris le flambeau musical de la maison, la présente comme celle dont le vrai talent était de déceler celui des autres, et fait de son intervention le point de bascule de la carrière de Jean-Jacques Goldman. Dans son livre Une vie en chansons (2021), il lui adresse un remerciement direct. En 2024 encore, elle est reçue à la radio aux côtés de l'éditeur Gérard Davoust, signe qu'elle reste, des décennies plus tard, une mémoire vivante de la chanson.

Le départ et les années d'après (1996)

Elle quitte RTL le 26 septembre 1996. À l'initiative de Laurent Voulzy, entouré d'Alain Souchon, Maxime Le Forestier, Yves Simon, Alain Chamfort et Jean-Jacques Goldman, une soirée surprise réunit au Pavillon Ledoyen près de cent vingt artistes venus saluer celle à qui la chanson française devait tant. Ce soir-là, sans attachés de presse ni imprésarios, à la lueur des bougies, on la fait entrer seule dans la salle ; elle s'effondre d'émotion, tombe dans les bras de Charles Aznavour. Ceux qui ne peuvent être présents appellent, Mylène Farmer de New York, Étienne Daho de Madrid. Philippe Labro dira le lendemain combien il est rare que les plus grands chanteurs se réunissent ainsi pour une figure de l'ombre.

Elle n'a pas pour autant disparu. On la retrouve à l'antenne de RTL en 2016, sur France Bleu Creuse en 2021, de nouveau sur RTL en 2023, et sur France Musique en février 2024, où elle évoque, lucide et précise, ces années où la radio décidait de ce que la France chantait. Sa dernière interview en date remontre au 11 septembre 2026, à l'occasion du retour de Céline Dion à Paris.

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Pour son départ à la retraite, Monique Le Marcis (au centre, à droite de Johnny), en charge de la programmation musicale de RTL, a reçu le plus beau cadeau qui soit : l'hommage de tous ses coups de cœur musicaux. Photo : Claude Gassian

Les questions que les routes ont laissées dans l'histoire…

Qui est Monique Le Marcis ? La directrice de la programmation musicale de RTL de 1970 à 1996, entrée dans la maison dès 1959. À ce poste, elle décidait des titres diffusés par la première radio de France et passait pour l'une des rares personnes capables de faire ou de défaire un succès.

Pourquoi dit-on qu'elle a lancé Jean-Jacques Goldman ? Parce qu'en 1981-1982, alors que "Il suffira d'un signe" était ignoré des autres radios, elle a cru au titre et l'a maintenu à l'antenne de RTL jusqu'à la première place, avant de faire inviter Goldman chez Michel Drucker. Goldman lui-même a reconnu ce rôle à plusieurs reprises.

Quels artistes a-t-elle contribué à imposer ? Joe Dassin, Mike Brant, Julio Iglesias, Daniel Balavoine, Yves Duteil et Jean-Jacques Goldman, parmi beaucoup d'autres, de Charles Aznavour à Vanessa Paradis. La part exacte de sa décision personnelle varie d'un cas à l'autre.

Était-elle vraiment "celle qui faisait les tubes" ? Elle récusait le mot "découvreuse" et insistait sur le travail derrière l'instinct : écoute quotidienne, fiches, concerts, mesure des réactions du public. Son pouvoir était réel, mais il s'appuyait sur une méthode.

Monique Le Marcis est-elle encore en vie ? Née en 1935, sa dernière interview remonte au 11 septembre 2026. Elle a 91 ans, et ses souvenirs sont intacts.

Où a eu lieu le dîner de départ organisé pour elle en 1996 ? Au Pavillon Ledoyen, à Paris, le 26 septembre 1996, devant près de cent vingt artistes.

Ces liens que l'on sécrète…

Sources

Livres :

  • Mathias Goudeau, Jean-Jacques Goldman de A à Z (2002).
  • Johnny Hallyday (avec Amanda Sthers), Dans mes yeux (Plon, 2013)
  • Éric Le Bourhis, Le mystère Goldman (2014), également paru sous le titre Goldman, l'éternel mystère (Éditions Prisma, 2017)
  • Frédéric Quinonero, Goldman, vivre sa vie (2017).
  • Éric Jean-Jean, Une vie en chansons (2021).
  • Ivan Jablonka, Goldman (Seuil, 2023).

Sources orales primaires (transcriptions sur Parler d'sa vie):

  • Jean-Jacques Goldman, "Le Plein de super", Canal+, 1994 (propos recueillis par Bruno Solo et Yvan Le Bolloc'h).
  • Jean-Jacques Goldman, interview par Luc Michat, Radio BLV, 2002.
  • Monique Le Marcis, "Mon RTL à moi", RTL, 7 août 2011 (entretien avec Philippe Labro).
  • Monique Le Marcis, France Bleu Creuse, juin 2021 (propos recueillis par Gaëtan Spagnol).
  • Monique Le Marcis, RTL, 4 novembre 2023 ("J'ai eu une sorte de fulgurance").
  • Monique Le Marcis, "Étonnez-moi Benoît", France Musique, 24 février 2024 (propos recueillis par Benoît Duteurtre).
  • Documentaire "Goldman" (témoignages de Monique Le Marcis, Marc Lumbroso, Michael Jones).

Sources écrites:

  • Fred Hidalgo, entretien avec Jean-Jacques Goldman, Chorus, no 54, hiver 2005-2006.
  • Cécile Méadel et Antoine Hennion, "L'art de la programmation musicale à R.T.L. : entretien avec Monique Le Marcis", Vibrations, no 3, 1986, p. 158-163.
  • Hélène Hazera, "RTL, les années Monique", Libération, 3 octobre 1996
  • Entretien de Monique Le Marcis, RTL, 10 octobre 2016
  • Eric Bureau, Le Parisien, 26 septembre 2021
  • Diane Tell, site officiel, témoignage sur la soirée de départ de 1996.